Les musiciens de l’ Orchestre national de France jouent le Boléro de Ravel.
Arrangements – Didier Benetti. Réalisation – Dimitri Scapolan © Radio France

LES MUSICIENS

de l’Orchestre national de France humanisent le confinement

 

Texte Sandrine Edery – Photos Dimitri Scapolan
PUBLIÉ LE 1er AVRIL 2020

Seuls et ensemble, les musiciens de l’Orchestre national de France ont enregistré, depuis leurs domiciles respectifs, un extrait du Boléro de Ravel. Pour réaliser cette performance, ils ont fait appel à Dimitri Scapolan, leur collaborateur à Radio France. Il nous explique les détails techniques.

Ambitions : Quelle est votre fonction à Radio France ?
Dimitri Scapolan : Je suis opérateur vidéo au service vidéo de Radio France. Musicien et ingénieur du son, c’est au moment de la mise en place des captations de concerts, à Radio France, que j’ai pu profiter de la formation continue pour me reconvertir et enrichir mes compétences audios par de nouvelles, dans l’image.



Comment est venue l’idée de cet enregistrement ?
A l’origine du projet, ce sont les musiciens de l’orchestre qui se sont organisés. Ils voulaient manifester leur soutien aux victimes de la pandémie de Covid-19. Le 20 mars dernier, 18 musiciens de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam avaient enregistré, depuis leur salon, l’Ode à la joie de Beethoven. Leur initiative nous a servi de modèle, j’ai contacté la flûte solo qui est une amie et nous avons échangé sur la technique, j’avais une grande liberté pour la réalisation, c’était très appréciable.



Comment avez-vous procédé ?
Chaque musicien s’est filmé et enregistré, chez lui, avec son smartphone. L’arrangeur et timbalier de l’orchestre, Didier Benedetti, leur a envoyé, via we transfer, une bande de référence à écouter. Ils avaient donc la même référence temporelle et grâce à mes connaissances musicales, j’ai pu reconstituer le texte orchestral sur Adobe Première, et le mixer sur Pyramix.
Les 51 musiciens m’ont envoyé leurs vidéos, il restait à faire un gros travail de superposition en tenant compte des entrées de tous les instruments afin que personne ne soit lésé et que l’on puisse montrer musicalement tout le monde.
Pour rythmer l’entrée en scène des instrumentalistes, la vidéo est composée de plusieurs mosaïques et s’achève par 21, 35 et enfin 51 musiciens. Quarante heures de travail m’ont été nécessaires. Il s’agissait d’obtenir un rendu spectaculaire qui puisse montrer la manière avec laquelle les musiciens se fédèrent et communiquer leur émotion.


Pensez-vous que la crise sanitaire que nous traversons va influer sur votre travail et sur celui de l’orchestre ?
Cette crise nous oblige à réinventer le vivre ensemble et l’interaction humaine à grande échelle. Nous découvrons que transposer la technologie est possible et peut s’inscrire dans quelque chose de plus global.
En ce qui concerne l’Orchestre national de France, cet enregistrement a permis de le mettre en lumière, de le sortir de son image d’orchestre traditionnel, de l’amener dans la lumière à travers un nouveau média et de sensibiliser le public à la musique classique en retransmettant l’émotion d’un moment privilégié.