La version 2 du MakAir est, maintenant, adaptée à toutes les pathologies. ©MakAir

MakAir

Un second souffle pour les équipes de réanimation

 

Texte Sandrine Edery
PUBLIÉ LE 31 MARS 2021

Vous l’aurez remarqué, la crise du Covid-19 a un impact négatif sur notre moral et notre dynamisme.
Si beaucoup d’initiatives ont vu le jour lors du premier confinement, certaines sont aujourd’hui, à l’arrêt ou ont des difficultés à se mettre en place car elles ont été confrontées aux réalités administratives, à la réticence du public… Certaines ont su et pu affronter les obstacles et progresser. Nous avons décidé de vous donner des nouvelles de celles que nous avions rencontrées afin de continuer à vous inspirer et vous donner envie d’agir.

 

MakAir, le respirateur nantais

 
Rappel du projet  : En pleine pandémie, pour traiter les insuffisances respiratoires liés au Covid-19 dans les établissements hospitaliers et pour faire face aux pénuries, un collectif français décide de fabriquer, en un mois, un respirateur fiable et économique.
Lors de notre rencontre, ils étaient en attente de l’autorisation pour les essais cliniques (lire notre article).

Baptiste Jamin, cofondateur de MakAir  et de la plateforme de messagerie instantanée Crisp répond à nos questions

– Où en est votre projet ?
Le respirateur est en essai clinique. En juillet 2020, nous avons eu l’autorisation de le tester sur deux patients Covid, en milieu hospitalier. Suite à cela, nous avons apporté quelques modifications au logiciel. Cette nouvelle version est, aujourd’hui, en cours de test sur 20 patients au CHU de Nantes, Brest mais aussi au Sénégal et à Madagascar.

– Avez-vous gardé votre idée de départ ?
Oui, mais nous avons décider d’améliorer le logiciel pour qu’il soit adapté à d’autres pathologies.
Notre première version, était destinée, uniquement, aux malades du Covid. La nouvelle est plus complexe et répond mieux à la demande des équipes médicales.
A Madagascar, dans les hôpitaux, le matériel manque énormément et nous avons prouvé qu’il était possible de faire des respirateurs moins chers et aussi performants. Cela permet à certains pays de s’équiper. C’est aussi notre objectif car les pays occidentaux ont les moyens de s’équiper, pour d’autres c’est plus compliqué.

– Quelles sont les principales difficultés que vous avez rencontrées ?
Sans hésitation, les démarches administratives ! Heureusement que parmi les 350 bénévoles qui ont contribué au MakAir, certains étaient aptes à affronter tous les dossiers à remplir !
La force du projet ce sont tous ces contributeurs qui se sont mobilisés pour franchir les étapes indispensables des nombreux dossiers règlementaires.

– L’équipe a-t-elle changée ?
Non, on ne change pas une équipe qui gagne !

– D’autres projets comme le vôtre se sont-ils développés ?
Non ! MakAir est le premier et unique respirateur créé en Open Source à avoir été branché sur un malade.
Le fait de travailler en Open source permet de réduire les coûts de fabrication et est bénéfique sur l’intelligence collective. C’est le même principe que les médicaments génériques.

– Quelle est la prochaine étape ?
Après la validation des essais cliniques, nous pourrons lancer la commercialisation. Avec MakAir, nous ambitionnons de créer le respirateur du futur et ensuite d’étendre ce principe de conception à d’autres équipements médicaux.

E-CONTACTS

www.makair.life

La nouvelle version du MakAir avec un écran de contrôle pour le personnel médical.