Télécharger le PDF

Olympiades des métiers

Olympiades des metiers

L’avenir au bout des doigts

Texte Aurélie Hazard – Photo Olympiades
PUBLIÉ LE 23 MARS 2017

C’est à Bordeaux que se sont déroulées, les finales nationales de la 44e édition des Olympiades des métiers. Véritable vitrine de l’artisanat français et de jeunes talents. Seule condition pour être candidat : avoir la gagne.

Co-organisées par la région Nouvelle-Aquitaine et WorldSkills qui, depuis soixante-cinq ans promeut la formation professionnelle, les finales nationales de la 44e édition des Olympiades des métiers sont très attendues. Pour les candidats en compétition, cet événement constitue une opportunité : démontrer ses talents et ses savoir-faire devant des jurys de professionnels. Pour WorldSkills, engagée dans la reconnaissance et la promotion des formations professionnelles, ce rendez-vous biennal leur permet, comme le souligne Michel Guisembert de « démontrer que les métiers n’ont jamais demandé autant de compétences ».

30 candidats pour 8 pôles métiers

La nécessité et la pertinence de cet événement sont reconnues, en atteste le soutien de plusieurs ministères, conseils régionaux, organismes professionnels, organismes paritaires et consulaires, différents partenaires, organismes de formation et 800 bénévoles encadrant cette manifestation. Pour la Nouvelle Aquitaine, accueillir cette compétition, c’est « combattre l’orientation par défaut, en faisant découvrir aux jeunes tout au long de la compétition des formations porteuses d’avenir ». Quelque 630 champions régionaux issus de toutes les régions se sont réunis pour trois jours. Pendant toute la compétition, ils ont pu échanger avec les autres, mesurer leurs savoir-faire et surtout tenter de décrocher une place pour le troisième temps des Olympiades des métiers, c’est-à-dire le concours international. Cette année, la WorldSkills Competition se tiendra du 14 au 19 octobre 2017, à Abu Dhabi. Les médaillées d’or et d’argent feront donc partie de l’équipe de France des métiers et pourront disputer l’ultime étape. Huit pôles de compétition ont été formés regroupant les métiers de l’alimentation, de l’automobile, du bâtiment et des travaux publics, de l’industrie, de la maintenance, des nouvelles technologies, du service et du végétal. Seule condition pour participer à cette compétition, être âgé de moins de 23 ans lors de la compétition internationale quel que soit le statut du participant : apprenti, lycéen, salarié, etc. Vingt-trois finalistes dont huit Néo-Aquitains participent aux épreuves nationales « pour prouver que tout est possible. La différence se faisant par les compétences ». Pendant toute la durée des épreuves, un encadrement est assuré par des professionnels et des formateurs reconnus. Ce qui constitue un excellent moyen de soutenir les participants pendant les épreuves, mais aussi de leur démontrer la pertinence de leur choix professionnel. La simple présence de ces professionnels attestant de la réussite possible grâce à une voie pro.

48 ateliers

Les savoir-faire et talents français passionnent ! Aussi, pour donner aux visiteurs l’occasion de se mettre dans la peau des candidats, des ateliers tels que « Toi aussi tu peux le faire » se sont ouverts aux visiteurs. Quarante-huit ateliers permettent à tous de se (re)découvrir de nouveaux talents. Des animations métiers ont également eu lieu afin de conférer une dimension participative à cette compétition. En proposant de tels ateliers, ce rendez-vous répond à l’un de ses enjeux : changer le regard du public sur la voie professionnelle. Enfin, ce rendez-vous est positif pour tous, les compétiteurs qui nouent de nouveaux contacts, se voient ouvrir de nouvelles portes, développent leur réseau ou encore gagnent en assurance professionnelle.

E-CONTACTS

http://www.olympiadesmetiers.fr/
http://www.facebook.com/ODMbdx
@ODMbdx

ÉTIENNE GUERRÉE

21 ans, ébénisterie

« On acquiert un savoir-faire extraordinaire »

Interview Paloma Cielo – Photo Clément Vicard

Il achève la 6e année de son tour de France chez les Compagnons. Même s’il est accepté parmi eux, cet été, il continuera son tour pendant encore deux ans. Il a décroché la 5e place et la médaille d’excellence.

Ambitions : Pourquoi participer aux Olympiades ?
Etienne Guerrée : C’est la deuxième fois que j’y participe. Il y a quatre ans, j’étais arrivé 3e aux sélections régionales. Cette année, j’ai fini premier pour la région Bourgogne-Franche Comté. Et, en arrivant 5e cette année, j’ai décroché la médaille d’excellence aux Olympiades. Ce prix récompense le travail rendu et atteste que le quota des points attribués pour le travail est largement dépassé.

Ambitions : Qu’avez-vous réalisé lors du concours ?
Etienne Guerrée : On m’a demandé de créer une table de chevet munie d’un tiroir avec abattant. C’est quelque chose d’assez classique, mais la complexité vient du temps imparti pour le faire. Dix-huit heures, c’est peu et ça complique l’exercice.

Ambitions : Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Etienne Guerrée : C’est une expérience géniale à vivre. Je la souhaite à chacun.

Ambitions : Les Olympiades, c’est une vitrine pour l’artisanat ?
Etienne Guerrée : Oh oui ! Les Olympiades c’est une belle pub pour l’artisanat. Ce qui est super, c’est qu’on forme vite des équipes unies par le même métier, même si trois jours avant, on ne se connaissait pas.

Ambitions : Est-ce une façon de faire (re)connaître ces métiers manuels ?
Etienne Guerrée : On se lance dans ces métiers parce qu’on éprouve le besoin de s’exprimer différemment. Pas par des mots, par les mains.

CHIFFRES CLÉS

630 champions en lice pour les finales nationales. 8 pôles métiers. 60 000 visiteurs attendus.

MANON PLAIRE

22 ans, art floral

« Le concours de la détermination et du partage »

Interview Paloma Cielo – Photo Olympiades

Une fois décroché son CAP en alternance, elle veut passer un brevet de maîtrise en deux ans, afin d’acquérir d’autres compétences et encore plus de sensibilité dans ses réalisations. Elle a décroché la médaille de bronze.

Ambitions : Pourquoi participer aux Olympiades ?
Manon Plaire : Ce n’est pas la première fois que j’y participe. Il y a deux ans, j’étais à Strasbourg pour les nationales. Et cette année, je concours pour ma région, la Nouvelle Aquitaine et, en plus, c’est à Bordeaux ! Pour cela, je me suis préparée comme une sportive de haut niveau. Ça veut dire que j’ai suivi une préparation physique et mentale avec des coachs sportifs ! C’est un peu comme les JO des métiers. Ça me fait vibrer.

Ambitions : Qu’avez-vous réalisé lors du concours ?
Manon Plaire : On connaît les sujets la veille du concours. En art floral, on hérite de 11 sujets. Chacun doit être traité en un temps donné : de 1 h 15 à 2 h 45, selon le thème. Par exemple, on doit réaliser un bouquet de mariée, un bouquet noué, un décor de buffet, un décor monté sur du bois ou du béton par exemple. Donc, tout fleuriste manie très bien la scie sauteuse ! Et, il y a aussi deux sujets mystères que l’on découvre en live devant le public. J’ai réalisé une déco de tonneau (on est à Bordeaux quand même) et une parure pour habiller un buste. Vu le temps imparti, il faut être pertinente à la seconde et faire le bon choix de fleurs, de couleurs… on ne peut pas revenir en arrière. On n’a pas le temps.

Ambitions : Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
Manon Plaire : C’est un accomplissement de tout ce que l’on a appris et de tout le temps qu’on y a consacré. L’artisanat, c’est une famille de passionnés par leur métier et d’experts qui souhaitent transmettre leur savoir-faire. Je suis convaincue que pour être au top, il faut travailler ses créations avec un maximum d’émotions.

Ambitions : Les Olympiades, c’est une vitrine pour l’artisanat ?
Manon Plaire : Les spectateurs étaient étonnés de découvrir le travail du fleuriste : du gros œuvre à la délicatesse. Les visiteurs viennent pour la beauté de nos réalisations.