En 2015, l’obsolescence programmée est qualifiée de délit pénal en France, une première dans le monde. La même année, l’association HOP est créée. ©Hop

Obsolescence

Faire du neuf avec du vieux

 

Texte Sandrine Edery
PUBLIÉ LE 8 DÉCEMBRE 2020

Ambitions-lemag suit l’actualité des initiatives traitées dans le magazine afin de vous informer sur l’avancée de chaque projet. L’association HOP a organisé le 27 novembre dernier, Le Sommet de la durabilité programmée. Une belle opportunité pour vous présenter cinq startup françaises engagées dans la commercialisation des objets reconditionnés.

En 2016, Nous avions rencontré Laetitia Vasseur, co-fondatrice et déléguée générale de HOP. Elle nous avait présenté les objectifs de l’association : en finir avec le gaspillage organisé par des industriels qui conçoivent des produits pour un temps limité, faire reconnaître le délit d’obsolescence programmée, le dénoncer, le combattre et à terme, créer une loi qui s’inscrirait dans la continuité de celle sur la transition énergétique de juillet 2015.
Le 27 novembre dernier, HOP a organisé un évènement 100 % en ligne, dédié à la consommation et à la production durable. Une occasion pour dresser un premier bilan des actions menées par l’association et son Club de la durabilité, regroupant des entreprises adhérentes à cette cause. Cette journée a été ponctuée par la présentation d’un livre blanc européen, recueil de 20 propositions pour guider l’Europe vers une production et une consommation plus responsable, de tables rondes réunissant de nombreux acteurs de la transition durable et d’ateliers pratiques.

Le reconditionné peut-il devenir la norme de demain ?

C’était le thème du dernier atelier de la journée proposée par HOP. Pour enrichir le débat, Ambitions a rencontré 5 entrepreneurs spécialisées dans le secteur de la seconde vie : Recommerce ↓ et Smaaart ↓ pour les smartphones, Vintelo ↓ et Virvolt ↓ pour les vélos et Murfy ↓ pour l’électroménager.
Tous sont unanimes pour dire que les consommateurs sont nombreux à vouloir intégrer à leurs modes de vie des actes à la fois citoyens, écologiques et économiques. En achetant des produits remis à neuf par des entreprises spécialisées, ils font des économies et agissent pour la planète. Mais ils restent exigeants sur la qualité et les garanties. Ce secteur en forte croissante reste fragile par son manque de réglementation. Les syndicats professionnels auxquels les entreprises adhèrent travaillent activement sur une réglementation qui permettra des convaincre les derniers consommateurs septiques.

L’entreprise emploie plus de 300 techniciens,répartis dans cinq ateliers en France, Suisse et en Europe de l’Est. ©C. Maillet / Recommerce

SMARTPHONES

Recommerce

Entretien avec Benoît Varin, co-fondateur.

Benoît Varin agit depuis 16 ans pour le développement durable. En 2009, il créé monextel.com, premier site de reprise de téléphones portables dont la particularité est de permettre aux particuliers de revendre leur ancien mobile au profit d’une association de développement durable, de leur choix. Puis, co-fondateur de Recommerce, qui propose de prolonger la durée de vie des produits pour mieux les reconsommer. Il est aussi, président de la Fédération du Réemploi et de la Réparation, Rcube.org dont l’ambition est d’aider les commerçants à devenir des recommerçants.

Ambitions : Quelle est la spécificité de Recommerce par rapport aux autres reconditionneurs de smartphones ?

Benoît Varin : L’entreprise existe depuis 11 ans, elle est en tête pour la reprise de téléphones mobiles usagés dans une optique d’économie circulaire. Nous achetons, via des partenaires français ou sur notre site, plus d’un demi-million de smartphones par an. Ce volume nous permet d’améliorer constamment la qualité de nos services et de structurer une filière industrielle de qualité car un appareil reconditionné n’est ni neuf ni d’occasion, il est remis en condition d’utilisation.

Où sont reconditionnés les appareils, formez vous vos techniciens ?

Tout est fait en Europe, par des techniciens professionnels et partenaires. Depuis le rachat par des boutiques, des opérateurs ou sur notre site, jusqu’à la revente. Nous avons également investi dans une plateforme technologique qui optimise la nouvelle vie du produit.

Constatez-vous un engouement des consommateurs pour les appareils de seconde vie ?

Oui, même si les consommateurs ont besoin d’être rassurés par une filière et des acteurs qui soient labellisés par des contrôles externes. Aujourd’hui, 58% de français se disent prêts à acheter un appareil reconditionné mais seulement 26% le font.

Pensez-vous diversifier votre activité de reconditionneur ?

Oui, nous reconditionnons déjà des consoles de jeux et des tablettes. Nous avons d’autres projets sur d’autres produits comme les ordinateurs et les équipements électro-portatifs.

Recommerce a été sélectionnée par Orange pour sa revente de téléphones reconditionnés, quel impact attendez-vous de ce partenariat ?

Accompagner plus de consommateurs vers l’économie circulaire.

Connaissez-vous https://www.halteobsolescence.org/, si oui, pourquoi ne faites-vous pas parti de leur « Club de la durabilité » ?

Nous les connaissons via Rcube et avons travaillé ensemble sur plusieurs projets et actions menés pour la lutte contre le gaspillage et pour faire évoluer la réglementation. Mais nous ne faisons pas partie de leur club, pour l’instant, qui regroupe des acteurs avec qui nous ne partageons pas forcément la vision et les pratiques mises en place pour structurer la filière de réemploi.

E-CONTACTS

www.recommerce.com/fr

L’entreprise possède sa propre usine, près de Montpellier. ©Smaaart

SMARTPHONES

Smaaart

Entretien avec Jean-Christophe Estoudre, président de Sofi Groupe et co-fondateur de Smaaart.

Jean-Claude Estoudre fait partie de l’équipe des six cadres qui ont repris, en 2012, Sofi Groupe (ex-Fibrosud) suite à sa mise en liquidation judiciaire. Cette société dont l’activité était la maintenance électronique spécialisée dans les terminaux télécom avait été crée en 1986. Forts de leur savoir faire, ils créent Smaaart en 2017 pour se diversifier dans le reconditionnement de téléphones.
Jean-Claude Estoudre est également membre actif du Syndicat Interprofessionnel du Reconditionnement et de la Régénération des Matériels Informatiques,Electroniques et Télécoms(SIRRMIET).

Ambitions : Quelle est la spécificité de Smaaart par rapport aux autres reconditionneurs de smartphones ?

Jean-Claude Estoudre : Notre compétence technique est notre premier atout car notre expertise dans le secteur de la téléphonie a plus de 30 ans. Ensuite c’est notre implantation 100% française : l’entreprise est située au pied du Pic Saint Loup, à St-Mathieu-de-Tréviers, au nord-est de Montpellier(Hérault).

Où sont reconditionnés les appareils, formez vous vos techniciens ?

Tout est fait en France dans notre usine héraultaise de 6000 m2 par les 150 salariés qui maîtrisent toutes les étapes du reconditionnement intégral des smartphones. Il s’agit de donner une seconde vie à ces appareils dans une logique environnementale. Les téléphones sont collectés en France auprès des opérateurs ou des particuliers via notre site. Les modèles trop endommagés sont soit démantelés pour en utiliser les pièces, soit s’ils sont trop obsolètes, ils partent au recyclage dans un processus contrôlé afin de garantir la traçabilité de nos déchets.

Constatez-vous un engouement des consommateurs pour les appareils de seconde vie ?

Oui, et cela s’est accentué avec la crise du Covid-19. Durant les confinements, les consommateurs ont redoublé d’intérêt pour la cause environnementale. Mais il faut garder à l’esprit que le secteur du reconditionnement reste fragile car pour que les produits répondent aux attentes de nos clients, il faut sans cesse améliorer et multiplier les contrôles.
Par ailleurs, afin de rassurer le consommateur et de mettre en place une réglementation, le SIRRMIET travaille sur un projet de certification des entreprises de reconditionnement qui devrait être mis en place d’ici fin 2020.

Pensez-vous diversifier votre activité de reconditionneur ?

C’est envisageable, mais pour le moment, nous sommes concentrés sur notre cœur de métier dans une démarche tournée vers l’économie circulaire.

Connaissez-vous https://www.halteobsolescence.org/, si oui, pourquoi ne faites-vous pas parti de leur « Club de la durabilité » ?

Nous les connaissons car nous avons participé à plusieurs groupes de travail autour des indices de réparabilité. Mais nous ne faisons pas partie de leur club actuellement car nous concentrons toute notre énergie sur notre activité et la certification de notre métier de reconditionneur. Nous sommes, par ailleurs, adhérents au SIRRMIET et faisons partie de groupe de travail certification SGS.

E-CONTACTS

www.smaaart.fr

 

L’entreprise assure depuis le mois d’octobre une livraison au niveau national. ©Vintelo

VÉLOS

Vintelo

Entretien avec Alexandre Lebreton, fondateur.

Ambitions : En 2015, vous fondez Vintelo. Pourquoi ?

Alexandre Lebreton : A l’époque je restaurais des vélos anciens avec deux amis. Nous avons élaboré le concept de Vintelo grâce à une demande familiale. Ma mère vivait en Normandie et avait besoin d’un vélo plus performant pour monter les côtes ! Il a donc fallu réfléchir pour adapter son vélo auquel elle tenait, à ses besoins de déplacements. Trouver la technique pour rendre électrique la mécanique ancienne d’un vélo « sentimental » avec les dernières technologies.

Quelle est votre spécificité par rapport aux autres entreprises qui pratiquent l’upcycling de vélos ?

Notre exclusivité est dans la discrétion de l’équipement électrique. La batterie est dissimulée dans une gourde adaptée à tous les vélos vintage.
Le client récupère, dans un délai de 10 à 12 jours son vélo électrisé, léger mais plus puissant. Il l’essaie avant de nous régler, si cela ne lui convient pas, on lui remet dans son état d’origine.
Nous garantissons notre installation durant un an mais si un problème survient au-delà, nous sommes là pour nos clients, nous assurons toujours un suivi. On estime que, pour un usage quotidien, les batteries ont une durée de vie entre 3 et 5 ans.
Par ailleurs, nous développons un service de récupération et de restitution des vélos dans toute la France, le tarif varie de 50 euros à 120 euros pour l’ensemble des transports selon la région.

Ou sont reconditionnés, électrisés les vélos, formez vous vos techniciens ?

Nous n’avons pas de boutique pour l’accueil des clients. Nous leur donnons un rendez-vous pour récupérer leur vélo. Celui-ci sera électrisé dans nos ateliers par nos mécaniciens formés à nos outils. On espère accueillir, bientôt, des apprentis car nous recevons beaucoup de demandes.

Vos vélos sont-ils éligibles à la prime pour l’achat d’un vélo électrique ?

Oui tout à fait mais pas partout. A Paris, depuis trois ans, la prime est versée pour des vélos neufs ou d’occasion. Sur le reste de l’Ile-de-France, elle n’est attribuée que si le vélo acheté est neuf, c’est regrettable car de plus en plus de personnes préfèrent avoir recours au reconditionnement de leurs vieux vélos. Nous encourageons nos clients à aller voir leurs mairies, c’est comme cela que Paris a élargi ses règles.

Constatez-vous un engouement des consommateurs pour cette tendance de vouloir faire du neuf avec du vieux ?

Oui, plus de 60 % de nos clients, de tous les âges et de tous les milieux, viennent avec leur vélo « sentimental ». Mais la restauration et le reconditionnement ne pourront se développer que si leurs modèles économiques concurrencent les produits neufs. Si la différence de prix entre le neuf et le reconditionné n’est pas assez significatif, les gens préfèreront acheter du neuf, sauf les écolos convaincus. Il faudra toujours que le reconditionné ait une plus value, chez nous c’est l’esthétique.
Depuis 6 mois, Vintelo fait vivre une équipe de 6 personnes et nous avons des perspectives d’avenir. Nous venons d’étendre notre activité au niveau national.

Pensez-vous diversifier votre activité de reconditionneur ?

Pourquoi pas, les batteries ou les vélos électriques auront bientôt besoin d’être reconditionnés. Leur donner une seconde vie est tout à fait envisageable. On pourrait aussi réfléchir à adapter notre technique sur les voitures : installer des moteurs électriques sur des voitures vintage.

E-CONTACTS

www.vintelo.fr

 

L’entreprise propose, également, un service de remise à neuf des batteries. ©Virvolt

VÉLOS

Virvolt

Entretien avec Jérôme Gaymard, fondateur.

Jérôme Gaymard avait le choix de poursuivre ses études d’ingénieur ou de perfectionner la technique qu’il avait mise au point pour électrifier les skateboards. Il a adapté la deuxième option en créant Virvolt. Depuis trois ans, entouré d’une équipe aux multiples compétences et convaincue par les enjeux de l’économie circulaire, Virvolt transforme un simple vélo en vélo électrique.

Ambitions : Quelle est votre spécificité par rapport aux autres entreprises qui pratiquent l’upcycling de vélos ?

Jérôme Gaymard : Notre savoir-faire technique nous permet de conseiller nos clients de manière pédagogique. Nous leur expliquons tout le process, Ils savent ce qu’ils achètent et comment se déroule la transformation de leur vélo-dont 90 % sont compatibles avec une électrification. Il est également possible de choisir le moteur et la batterie. Le kit qui sert à électrifier est conçu avec des pièces bien distinctes pour qu’elles puissent être réparées par n’importe quelle personne qui s’y connaît un peu. Aucun client n’est obligé de venir chez nous pour l’entretien. Notre technologie est optimisée pour qu’elle soit peu coûteuse, performante et ultra réparable. Nous avons fait le choix de ne pas avoir recours à des packs préfabriqués en Chine qui seraient moins chers mais peu qualitatifs et surtout beaucoup moins écologiques.
Par la suite, il sera toujours possible de faire évoluer le vélo ou de le remettre comme il était auparavant. Même dans le cas d’un accident, il est possible de récupérer ce qui n’a pas été abimé et de le transférer sur un nouveau vélo.

Ou sont reconditionnés, électrisés les vélos, formez vous vos techniciens ?

Tout est fait dans nos ateliers, à Paris et bientôt à Lyon, Toulouse et Marseille, par des techniciens professionnels.
Contrairement à beaucoup de marques, nous proposons un SAV même au-delà de notre garantie de 2 ans.

Quel matériel reconditionné proposez-vous à vos clients  ?

Aujourd’hui, l’emballement pour les mobilités électriques nous pousse à réfléchir au reconditionnement des batteries car dans quelques années il faudra assurer un SAV pour ce parc. Nous proposons déjà ce service. Les batteries reconditionnées coûtent entre 300 et 500 euros, elles sont faites dans nos ateliers, en France et garanties 2 ans car le reconditionnement consiste à donner une seconde vie, tout est neuf sauf le boitier.
De plus cela crée des emplois, c’est un futur gros secteur d’embauche.

Vos vélos sont-ils éligibles à la prime pour l’achat d’un vélo électrique ?

Toutes nos offres sont éligibles à une subvention versée par la mairie de Paris, équivalente à 33% du prix HT de l’électrification ou jusqu’à 400€ pour l’achat d’un neuf. IDF Mobilité devrait, de son côté, proposer une offre fiable mais ce n’est, malheureusement, pas encore le cas.

Constatez-vous un engouement des consommateurs pour cette tendance de vouloir faire du neuf avec du vieux ?

Pour le vélo, oui mais pas pour la batterie. Beaucoup de personnes achètent du neuf par manque d’information ou sont mal renseignés par des revendeurs non qualifiés.

Pensez-vous diversifier votre activité de reconditionneur ?

Oui, à la mobilité douce au sens large, moto, scooter, mais pour l’instant nous nous consacrons aux vélos. En 2021, notre objectif est de sensibiliser les clients, les fabricants et les revendeurs à l’importance d’étendre le reconditionnement aux batteries.

E-CONTACTS

www.virvolt.fr

 

L’entreprise répare et reconditionne le gros électroménager afin d’en finir avec nos montagnes de déchets électroniques. ©Murfy

ÉLECTROMÉNAGER

Murfy

Entretien avec Guy Pezaku, co-fondateur.

En France, chaque année, 28 millions d’appareils électroménagers tombent en panne et seulement 5 millions sont réparés. C’est une des raisons pour laquelle Guy Pezaku et quatre associés issus de grandes écoles issus de grandes écoles d’ingénieurs ou de commerce, ont décidé de créer, il y a deux ans, Murfy. « On cherchait tous un boulot qui ait du sens, tant au niveau solidaire qu’écologique ». Aucune entreprise ne proposait, au niveau national, des réparations de gros électroménager, à domicile, avec des process industriels de qualité, qui inspirent confiance et qui ne soient pas assimilés à une marque ou à un distributeur. Lorsqu’on sait que l’électroménager est le secteur qui produit les déchets les plus polluants, le concept de Murfy était une évidence : auto-réparation, réparation et reconditionnement.

Ambitions : Quelle est votre spécificité par rapport aux autres entreprises qui pratiquent le reconditionnement d’appareils électroménager ?

Guy Pezaku : Notre concept s’articule autour de trois solutions de dépannage dont le point commun est la pédagogie. Nous proposons en priorité la possibilité d’une auto-réparation grâce à un diagnostic en ligne afin le client puisse comprendre la panne et éventuellement la réparer lui-même en commandant la pièce défectueuse, via notre site. Deuxième option, faire appel à l’un de nos réparateurs qui pour 75 euros (hors coût des pièces détachées), se déplace autant de fois que nécessaire, jusqu’à la résolution de la panne. Enfin, si l’appareil n’est plus réparable où si le devis est trop élevé, nous transformons les 75 euros en bon d’achat afin que le client ait la possibilité d’acheter une machine reconditionnée sur notre e-boutique. Ces trois solutions sont, par ailleurs, accompagnées de conseils d’entretien.

Quel matériel reconditionné proposez-vous à vos clients  ?

Nous proposons à nos clients des appareils de gros électroménager (lavage – cuisson – froid), remis à neuf. Ils sont testés, contrôlés, nettoyés, et garantis un an minimum. Prêts pour une seconde vie !

Ou sont reconditionnés les appareils, formez vous vos techniciens ?

Les techniciens de Murfy sont tous des réparateurs confirmés, salariés de l’entreprise, en CDI. Une des conditions pour être embauché est d’être convaincu que la réparation de l’électroménager est l’avenir de la consommation !
Aujourd’hui nous sommes, au total, 120 collaborateurs et nous devrions être 350, fin 2021. Nous avons un atelier dans toutes les villes ou nous sommes présents afin de collecter et de réparer localement. Nous travaillons sur le développement d’outils informatiques de l’entreprise qui pourront nous permettre d’être plus efficaces (interface client et back office, application technicien et réparateur).

Constatez-vous un engouement des consommateurs pour cette tendance de vouloir faire du neuf avec du vieux ?

Oui, même si une récente étude de l’ADEME démontre que sur 18 % des appareils de gros électroménager en panne, seulement la moitié est réparée parce qu’elle est encore sous garantie. Pour répondre aux demandes d’interventions, sur tout le territoire, il faudrait former 23 000 personnes. Or, beaucoup de CFA ont été fermés et les jeunes préfèrent aller vers les secteurs de la plomberie ou de l’électricité, qu’ils pensent plus rémunérateurs. La formation de réparateur restera délaissée tant que le concept de l’économie circulaire ne sera pas plus valorisé.
Nous remarquons que nos clients sont majoritairement bien installés dans leur vie et se projettent sur le long terme. Ils préfèrent réparer leur électroménager pour faire des économies mais cela correspond aussi à une prise de conscience écologique : production des déchets, gaspillage, bio, baisse de la consommation du plastique, économies d’énergie…

Pensez-vous diversifier votre activité de reconditionneur ?

Non, pas pour l’instant car nous avons énormément de travail dans notre secteur. Mais dans quelques années certainement, les chaudières par exemple

Vous connaissez www.halteobsolescence.org, pourquoi faites-vous partie de leur « Club de la durabilité » ?

C’est un club de réflexion mais nous y menons aussi quelques actions de lobbying. L’intérêt du club réside dans la diversité de ses adhérents. Des entrepreneurs qui veulent changer les modes de production, de consommation et des gros distributeurs comme Leroy Merlin ou Fnac Darty qui ont compris que le marché va se transformer, que l’économie circulaire ne sera pas une option. Ils ne veulent pas subir mais préparer l’avenir. Nous ne sommes pas tous d’accord, néanmoins nos discussions, parfois un peu musclées peuvent faire bouger les comportements de la grande distribution.

E-CONTACTS

www.murfy.fr